Dépôt institutionnel de l'UQO
RECHERCHER

Les relations de confiance entre les représentants syndicaux et les gestionnaires, une étude québécoise

Raymond, Anne-Marie (2000). Les relations de confiance entre les représentants syndicaux et les gestionnaires, une étude québécoise. Mémoire. S.l., Université du Québec à Hull, Département de relations industrielles, 196 p.

Le plein texte n'est pas disponible pour ce document.

Résumé

Les entreprises québécoises subissent actuellement de fortes pressions du marché, ce qui les incitent à modifier les façons de faire traditionnelles pour diriger vers une nouvelle option en matière de gestion : la coopération. Cette nouvelle relation basée sur la confiance entre ces agents traditionnellement opposés est actuellement débattue en relations industrielles. Le concept de la confiance connaît un essor nouveau dû à l’importance que leur portent les chercheurs et les acteurs. La confiance n’est pas une notion nouvelle. Cependant, bien que la notion de confiance soit abondamment présentée dans la littérature scientifique, il y a un vide sur la constitution de la confiance. De plus, ce concept est flou, difficile à saisir ainsi qu’à mesurer. Finalement, il existe peu d’études sur la confiance entre syndicat et employeur. En effet, divers travaux empiriques existant sur la confiance (Butler, 1991; Currall & Judge, 1992) ont été effectués auprès de travailleurs américains. Le système américain étant différent du nôtre, les résultats proposés de ces études ne peuvent être transposés comme tel. Une étude de la notion de confiance en milieu québécois est donc nécessaire afin de vérifier l’applicabilité des postulats présentés. Le but de cette étude est de valider et de mesurer les dimensions de la confiance ainsi que d’analyser les facteurs explicatifs qui permettent l’émergence d’une relation de confiance entre les gestionnaires et les représentants syndicaux du Québec. De nombreux chercheurs ont défini le concept de la confiance dans le cadre de leur travaux (Gambetta ; 1988, Curral et Judge, 1992; Hardy et Phillips. 1996; Cummings et Bromiley, 1996). Cependant, bien que ces définitions tentent de définir la confiance de façon globale, elles n’y arrivent pas. Pour cette raison, nous avons développé notre propre définition de la confiance. Pour nous la confiance est : «Un engagement volontaire entre au moins deux individus qui comporte un certain risque, qui rend les agents dépendants les uns envers les autres et où la communication, l’autonomie et l’utilisation du pouvoir créatif sont nécessaires». Notre définition englobe donc cinq grands concepts : le risque, la dépendance, la communication, l’autonomie et le pouvoir créatif. Selon nous la confiance est une variable continue qui évolue au gré des actions des représentants syndicaux et des gestionnaires, des enjeux et des luttes de pouvoir. Mais comment la confiance se développe-t-elle en entreprise ? Pour répondre à cette question nous avons identifié deux contextes de structuration de la confiance lorsqu’il s’effectue des changement dans l’organisation du travail : le contexte systémique et situationnel. Nous avons choisi de limiter l’étude du contexte systémique à la notion de pouvoir. Ce choix s’appui sur le fait que nous étudions le système de relation entre les agents, soit un ensemble de relation basé sur la proximité et un système de familiarité. La dimension des systèmes abstraits proposée par Giddens (1994) est donc absente de la discussion. Les déterminants de la relation de confiance situationnelle proviennent de la grille de collecte de données de Paul-André Lapointe et al. (1994). Pour ces auteurs la notion du changement peut être expliquée à l’aide des quatre dimensions situationnelles suivantes : les conditions d’émergence du changement, le contenu du changement, le processus du changement, les résultats et les impacts du changement. Pour effectuer notre étude nous avons favorisé le questionnaire. L’élaboration du projet de questionnaire est le résultat d’une série d’analyse des questionnaires de Butler (1991), de Curral et Judge (1992), de l’ébauche de questionnaire de Martineau (1997) et de questions que nous avons développées. Le projet de questionnaire a subi trois pré-tests. Suite aux pré-tests nous avons créé deux questionnaires distincts un pour chacun des types de répondant. Après avoir effectué les dernières corrections sur les deux formes de questionnaire, nous les avons distribués auprès de 1000 entreprises québécoises choisies au hasard parmi l’ensemble de la population de référence en tenant compte de la représentativité de chacun des secteurs d’activité présents au Québec. Suite à l’envoi des questionnaires, nous avons obtenu un taux de réponse pour les représentants syndicaux de 23,6 % et de 21,8 % pour les gestionnaires. L’étude que nous avons réalisée permet de mieux comprendre les différences au niveau de la relation de confiance entre les gestionnaires et les représentants syndicaux du Québec. Nous pouvons affirmer que ces deux agents perçoivent différemment la relation de confiance. Il ressort clairement que les gestionnaires et les représentants syndicaux interagissent. Il y a donc une relation entre les gestionnaires et les représentants syndicaux. Nous avons aussi déterminé avec cette recherche qu’il existe des relations de confiance entre les gestionnaires et les représentants syndicaux des établissements du Québec. Cependant cette relation est asymétrique. En effet, les gestionnaires prétendent faire souvent confiance aux représentants syndicaux lorsqu’ils sont en relation avec eux et ce pour l’ensemble des secteurs. De plus, il semble que certaines variables ont une plus grande influence sur les gestionnaires et d’autres sur les représentants syndicaux. Les représentants syndicaux semblent accorder une plus grande importance au pouvoir créatif que les gestionnaires avec qui ils ont une relation de confiance. Et la confiance est plus fortement liée à l’intégrité chez les représentants syndicaux. Chez les gestionnaires, la confiance est plus fortement liée à la réalisation de promesses. L’étude démontre aussi que le contexte situationnel influence le niveau de confiance qu’ont les gestionnaires face aux représentants syndicaux et vice versa. Cependant, les deux agents ne sont pas influencés par les mêmes paramètres. Les gestionnaires sont influencés par les innovations reliées à l’organisation du travail et aux changements technologiques tandis que les représentants syndicaux sont influencés par les innovations reliées à la formation et à la qualité, par les facteurs de mise en place des innovations et par l’initiateur du changement. Finalement, plusieurs des dimensions reconnues comme étant reliées au concept de confiance ont rencontrées les normes des tests statistiques (information, dépendance, pouvoir, autonomie) et pourront être conservées pour des études futures. Cependant, le risque, qui est reconnu comme étant une dimension importante de la confiance n’a pas été validé. Malgré ses limites, l’étude ajoute des informations intéressantes à la notion de confiance qui méritent qu’on si attardent et laissent aux futurs chercheurs un questionnaire certes perfectible, mais valide dans son ensemble. La recherche montre aussi clairement que la notion de confiance est complexe et qu’elle mérite que les chercheurs si intéressent.

Type de document: Thèse (Mémoire)
Directeur de mémoire/thèse: Harrisson, Denis
Informations complémentaires: Bibliothèque A.-Taché HD8108 R29 2000 Comprend des réf. bibliogr. : p. 143-148.
Mots-clés libres: Relation de confiance; Gestionnaire; Québec; Représentant; Syndical; Syndicalisme; Patronal; Syndicat; Travail
Départements et école, unités de recherche et services: Relations industrielles
Date de dépôt: 17 déc. 2012 13:50
Dernière modification: 29 janv. 2013 18:51
URI: http://di.uqo.ca/id/eprint/167

Actions (Identification requise)

Dernière vérification avant le dépôt Dernière vérification avant le dépôt