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L'art-thérapie comme stratégie de changement dans un contexte préscolaire

Ranger, Diane (2004). L'art-thérapie comme stratégie de changement dans un contexte préscolaire. Thèse. S.l., Université du Québec en Outaouais, Département des sciences de l'éducation, 241 p.

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Résumé

Dans le cadre de l’éducation préscolaire au Québec, l’enseignante doit trouver des stratégies pour pouvoir adapter son enseignement à tous les enfants de sa classe. Pour lui faciliter cette tâche, l’enseignante peut avoir besoin de nouvelles formes d’intervention lui permettant de mieux comprendre certains comportements des enfants lors de situations difficiles en classe. Les enfants de leur côté peuvent changer certains comportements inadéquats lorsqu’ils se sentent compris et sécurisés alors qu’on leur permet de s’exprimer à travers des canaux de communication qui leur sont naturels, tel que l’art. Dans le contexte de cette recherche, l’art-thérapie fournit des outils facilitant l’émergence de tels changements chez les enseignantes et les enfants. Ce projet de recherche-action présente deux études de cas réalisés dans des classes de maternelle d’écoles de la région de l’Outaouais entre novembre et juin d’une même année scolaire. Les enseignantes de chacune de ces classes ont travaillé en collaboration avec la chercheure art-thérapeute. L’art-thérapie a été choisi parce que le processus et les productions artistiques des enfants, forme de communication à la fois non verbale et verbale, sont d’excellents moyens d’expression des émotions et des sentiments qui, lors qu’il y est attentif et entraîné, aide l’adulte à mieux comprendre et accepter ce que vit l’enfant. En plus de l’art-thérapie, cette recherche a utilisé l’approche systémique, la psychologie de groupe et l’approche de la gestalt. L’approche systémique s’est exprimée dans le fait que les groupes d’enfants, les enseignantes et la chercheure art-thérapeute ont travaillé ensemble, de façon intégrée à la recherche de solutions face aux difficultés vécues en classe. La psychologie de groupe a été utilisée lors de réflexions sur les conflits vécus. Finalement, l’approche de la gestalt s’est révélée par le contexte de la classe, «ici et maintenant», alors que des échanges et interventions ont pu mener à des changements significatifs chez certains enfants. Les intervention d’art-thérapie ont été organisées autour de thèmes qui ont servi à aider les enfants à développer leur estime de soi et un esprit d’équipe, à augmenter les prises de conscience face aux autres, à mieux accepter les différences individuelles et la diversité, à exprimer la colère de façon socialement acceptable, à développer la créativité et la communication d’expériences vécues, à réaliser que le processus de création est généralement plus important que le produit final, à accepter l’émergence et la dissipation d’émotions et de sentiments, à dédramatiser l’échec, à changer la perception de l’échec en accomplissement, à prendre des décisions et des initiatives, à prendre conscience de son schéma corporel et de ses mouvements, ainsi qu’à résoudre des problèmes vécus en classe. Ces objectifs d’intervention se sont ajoutés aux objectifs de développement d’habiletés artistiques que sont l’expérimentation d’une multitude de médias artistiques et de textures, le développement de fonctions motrices fines et globales, l’apprentissage de techniques artistiques et beaucoup d’autres. Les impacts perçus et le processus créatif de chacune des interventions ont été constamment discutés, révisés et planifiés en collaboration avec les enseignantes. Dans les deux études de cas, le nombre d’interventions ainsi que les thèmes ont été choisis par l’enseignante et la chercheure art-thérapeute en fonction des problèmes rencontrés dans la classe dans l’«ici-maintenant» et selon le type de collaboration développée. Les interventions étaient d’une durée d’environ 45 minutes chacune et comprenaient dix minutes pour créer un climat d’échange et d’ouverture entre la chercheure art-thérapeute et les enfants, cinq minutes pour l’exploration des matériaux et l’explication du thème, quinze minutes pour faire la production artistique, dix minutes de discussion sur les travaux et cinq minutes pour clôturer l’intervention. Une analyse phénoménologique des données qualitatives composée d’enregistrements audio, d’un journal de bord tenu par la chercheure art-thérapeute ainsi que des portfolios de réalisations des enfants pendant les interventions a été réalisée. Cette analyse aide à comprendre comment les interventions ont amené des changements de perceptions, d’attitudes et de pratiques chez chacune des enseignantes ainsi que des changements de perceptions, d’attitudes et de comportements chez les enfants. La triangulation des données a été réalisée par l’observation des portfolios des enfants et la comparaison des observations entre chacune des enseignantes et la chercheure art-thérapeute. L’étude de cas multiples avait été choisie parce qu’elle permet de produite un rapport de cas individuel et d’inférer des conclusions inter-cas. L’analyse et la comparaison de deux cas apportent assez d’éléments d’interprétation pour arriver à se représenter les changements possibles reliés au contexte de l’intervention d’art-thérapie. L’analyse des données de recherche a révélé qu’il a été beaucoup plus facile d’arriver à des changements dans la classe A que dans la classe B. L’enseignante A prenait la position de guide auprès des enfants de sa classe. Elle favorisait la relation pédagogique avec les enfants et l’approche par projets tel que préconisé par le programme de formation de l’école québécoise (2001a). Non seulement a-t-elle bien assimilé les nouvelles informations amenées par les interventions d’art-thérapie mais elle se les ait appropriées pour mieux les réinvestir dans son enseignement. Dans la classe A, la collaboration entre l’enseignante et la chercheure art-thérapeute s’est faite de façon naturelle et harmonieuse et tous les enfants ont pu bénéficier pleinement de cette collaboration. Les comportements des enfants de la classe A se sont ajustés avec le temps et à la fin de l’année scolaire chaque enfant avait sa place dans le groupe et les comportements inappropriés étaient rares. Dans la classe B, l’enseignante semblait adopter la position de détentrice du savoir qu’elle avait le mandat de passer aux enfants. Pour l’enseignante B, le but principal des interventions aurait dû être d’aider les enfants à créer des productions artistiques esthétiques. L’enseignante et la chercheure art-thérapeute avaient convenu que le défi principal dans sa classe était associé à des conflits non résolus entre certains enfants de cette classe. Avant le début des interventions d’art-thérapie, les échanges directs entre les enfants n’étaient pas favorisés car l’enseignante dirigeait son groupe la plupart du temps. En dépit des efforts constants de la chercheure art-thérapeute pour fournir des informations à cette enseignante sur le développement des enfants et la lecture de leurs comportements dans leurs productions, celle-ci a peu réinvesti ces informations dans sa classe. Les discussions entre l’enseignante B et la chercheure ont révélé que, bien que certains comportements inadéquats d’enfants disparaissaient en présence de la chercheure art-thérapeute, ceux-ci revenaient lorsqu’elle n’était plus présente. La chercheure art-thérapeute était consciente des différences significatives entre les deux cas et par comparaison, l’impact de ses interventions a été plus important dans le cas A que dans le cas B. Dans les deux cas cependant, les enseignantes trouvent que les enfants ont développé leur confiance en soi en ce qui concerne l’expression artistique et la résolution de problèmes. Les deux enseignantes ont relevé que leurs enfants étaient plus ouverts à accepter les différences chez les autres et les nouvelles tâches d’apprentissage. Pendant la deuxième partie du projet, les deux enseignantes ont décidé de suivre des cours d’art, signe qu’elles voyaient les avantages du développement artistique pour elles-mêmes. Cette recherche à petite échelle a seulement permis d’effleurer les avantages qui pourraient résulter de l’implication d’art-thérapeutes dans les écoles et les commissions scolaires du Québec. Comme il a été démontré dans ce projet, l’art-thérapie peut fournir des renseignements sur la vie intérieure de l’enfant pouvant être utilisés par différents intervenants du milieu scolaire en consultation avec un art-thérapeute. Dans un tel contexte, il devient important que la formation des enseignants et enseignantes qui travaillent u préscolaire contienne quelques cours sur le développement artistique de l’enfant. Mais avant tout, pour arriver à évaluer la contribution potentielle de l’art-thérapie au système d’éducation du Québec, il faudrait entreprendre d’autres recherches similaires ainsi que des recherches quantitatives ou études évaluatives.

Type de document: Thèse (Thèse)
Directeur de mémoire/thèse: Dubeau, Diane
Co-directeurs de mémoire/thèse: Boudeault, Paul
Informations complémentaires: Bibliothèque A.-Taché RJ505 A7 R36.2004 Comprend des réf. bibliogr. : p. [213]-228.
Mots-clés libres: Art-thérapie; Développement de l’enfant; Éducation préscolaire; Pédagogie; Outaouais; Recherche-action
Départements et école, unités de recherche et services: Sciences de l’éducation
Date de dépôt: 10 déc. 2012 21:23
Dernière modification: 23 oct. 2015 13:17
URI: http://di.uqo.ca/id/eprint/250

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