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La Rencontre des savoirs à Uashat Mak Mani Utenam : regards des intervenants sociaux innus sur leur pratique

Guay, Christiane (2010). La Rencontre des savoirs à Uashat Mak Mani Utenam : regards des intervenants sociaux innus sur leur pratique. Thèse. Gatineau, Université du Québec en Outaouais, Département des sciences sociales, 536 p.

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Résumé

Le point de départ de la présente thèse est une préoccupation pour la question de la reconnaissance du savoir autochtone et la manière de l’appréhender au sein du travail social, notamment dans le contexte culturel des communautés autochtones. D’une manière générale, notre projet de recherche s’intéresse à des questions épistémologiques, à savoir la place à donner aux savoirs émergents et aux nouvelles avenues possibles du développement de la connaissance. Toutefois, il se veut aussi une réflexion critique qui s’enracine dans une problématique spécifique, celle du renouvellement des pratiques d’intervention sociale au sein des communautés autochtones. Concrètement, notre projet vise à décrire et comprendre la manière unique et originale par laquelle des intervenants sociaux innus de la communauté d’Uashat mak Mani Utenam affirment une pratique d’intervention sociale compatible avec leurs valeurs et leurs traditions. Or, les principales perspectives théoriques sur lesquelles se fondent les stratégies d’institutionnalisation du savoir autochtone en travail social ne permettent pas de comprendre la manière dont les intervenants autochtones innovent et composent au quotidien des pratiques d’intervention sociales qui sont plus compatibles avec leur mode de vie. En effet, peu d’études, du moins en travail social, ont envisagé d’explorer les transformations sociales qui sont en cours au sein des communautés autochtones à partir du point de vue des intervenants autochtones. C’est ici que notre recherche entend apporter une contribution. Nous avons opté pour un cadre d'analyse formulé selon une perspective théorique constructiviste phénoménologique. Enraciné dans une sociologie compréhensive, un tel cadre nous invite à appréhender la pratique des intervenants sociaux autochtones comme des constructions historiques et quotidiennes, et à le faire à partir des intervenants sociaux eux-mêmes. Un tel regard porté de l’intérieur permet d’éclairer les choix réflexifs et originaux que font actuellement les intervenants autochtones en matière d’intervention sociale. Les principales perspectives théoriques privilégiées, c’est-à-dire le constructivisme social de Berger et Luckmann et l’action historique de Thibault Martin, se rejoignent sur le plan phénoménologique dans la mesure où elles suggèrent de comprendre les pratiques d’intervention sociale des Autochtones à partir du sens que prennent celles-ci dans le cadre de leur projet du monde. L’approche biographique est la méthodologie que nous avons retenue. Celle-ci est compatible avec la posture compréhensive que nous adoptons, ce qui permet d’assurer un fil conducteur et une cohérence à notre démarche. De manière concrète, nous avons opté pour des récits de pratique, de manière à inviter les intervenants sociaux innus à centrer leur narration sur leur pratique d’intervention sociale. Cette manière de faire ouvre la porte à une analyse fine et en profondeur de la manière dont la pratique d’intervention est vécue et comprise par les praticiens autochtones. Une analyse compréhensive des différents récits permet d’accéder à la logique propre des acteurs, en lien avec leur pratique quotidienne. Elle permet aussi de mieux comprendre comment ces pratiques se sont construites et de faire ressortir l’originalité de leur mode d’intervention. À travers l’exploration de sept récits de pratique réalisés auprès d’intervenants sociaux innus, cette thèse propose une réflexion sur les formes contemporaines que prend la pratique d’intervention sociale lorsque cette dernière est portée par des Autochtones dans un milieu autochtone. Loin d’être le simple reflet de la pratique du travail social conventionnel, et sans pour autant être enfermée dans la tradition, la pratique des intervenants innus est plutôt le résultat de choix réflexifs et pragmatiques basés principalement sur des connaissances tacites et des valeurs innues. Ainsi, les intervenants innus aménagent au quotidien des modes d’intervention compatibles avec leur désir de perpétuer et de promouvoir la langue, la culture et la fierté d’être innu.

Type de document: Thèse (Thèse)
Directeur de mémoire/thèse: Martin, Thibault
Informations complémentaires: Bibliothèque A.-Taché HV 40 .8 Q8 G83 2010
Mots-clés libres: Savoir autochtone, Travail social, Récits de pratique, Peuples autochtones, Protection de la jeunesse, Innus
Départements et école, unités de recherche et services: Sciences sociales
Date de dépôt: 10 déc. 2012 19:50
Dernière modification: 23 oct. 2015 13:21
URI: http://di.uqo.ca/id/eprint/450

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