Dépôt institutionnel de l'UQO
RECHERCHER

L'étude du processus d'implantation d'un programme de formation pédagogique pour formateurs universitaires

Vaillant, Denise (1997). L'étude du processus d'implantation d'un programme de formation pédagogique pour formateurs universitaires. Thèse. S.l., Université du Québec à Montréal, Université du Québec à Hull, Département des sciences de l'éducation, 298 p.

Le plein texte n'est pas disponible pour ce document.

Résumé

L’implantation des programmes de formation pour formateurs est devenue nécessaire en milieu universitaire en Uruguay, à la suite de l’évolution sociopolitique du pays. En effet, avec le retour de la démocratie en 1985, le besoin d’améliorer la qualité de l’enseignement se fait sentir. En raison de l’accroissement du nombre des étudiants et à cause de la nécessité pour les professeurs de retour à leur poste après des années d’exil de renouveler les anciennes méthodes d’enseignement, une formation des enseignants qui soit adaptée à la nouvelle situation apparaît alors aux administrateurs et aux enseignants eux-mêmes comme l’une des priorités du milieu universitaire, au point que les Facultés mettent en place peu à peu des Services pédagogiques pour enseignants. Mais tout cela tourne presque à vide, à cause notamment du manque de formation pédagogique des responsables des programmes de formation. L’Université uruguayenne considère donc ces programmes comme la source même de toute amélioration sérieuse. Notre recherche naît ainsi de la préoccupation assez générale pour la formation des formateurs, et concerne directement le processus d’implantation de programmes de formation à travers celui, plus général, de l’implantation d’une innovation. C’est dans la perspective de pouvoir apporter des réponses aux nombreuses questions touchant la qualité de l’enseignement uruguayen, qui nous avons entrepris l’étude d’un cas précis. Notre travail vise à comprendre en profondeur le processus d’implantation d’une innovation en étudiant l’implantation du programme de formation des formateurs à la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université uruguayenne. Les travaux théoriques sont abondants, qui traitent de l’éducation des adultes et de l’implantation d’innovations. Mais ils s’intéressent surtout à la mise en pratique de l’innovation. Ils sont en grande majorité nord-américains, car l’Amérique latine n’a produit que peu de choses sur ce sujet. Aussi, avons-nous l’intention de mieux connaître les fondements théoriques des procédures et surtout la dynamique suscitée, dans les différents groupes concernés, par le processus d’implantation du programme de formation. Nous pensons contribuer ainsi non seulement à l’approfondissement des connaissances dans le domaine de l’implantation d’innovations pédagogiques, mais aussi à la mise en lumière d’une expérience significative en milieu universitaire. Notre approche méthodologique est basée sur l’étude qualitative de cas. Les données sont collectées grâce à l’analyse des documents provenant surtout des diverses instances universitaires, grâce aux entretiens que le chercheur a eu avec des administrateurs à différents paliers académiques, avec les collaborateurs pédagogiques et avec les formateurs eux-mêmes, enfin grâce à la «technique des blasons». Nos propositions théoriques initiales sont ainsi confrontées aux problèmes concrets et aux particularités de notre cas, et elles en sont modifiées, dans une sorte de mouvement de «va-et-vient» entre théorie et praxis. Cela permet d’apprécier la valeur de nos données et de nos conclusions. Les résultats obtenus concernent surtout les trois moments clés du processus d’implantation : la mobilisation, la mise en œuvre et l’institutionnalisation. La mobilisation consiste, en mettant en évidence les premières initiatives les attentes et les besoins des personnes intéressées, à entraîner tout le groupe à vouloir changer quelque chose, par exemple modifier sa pratique pédagogique pour répondre aux attentes de l’institution, des enseignants et des formateurs des Services pédagogiques. Il s’agit de créer un climat dynamique en faveur de la réussite. La mise en œuvre de l’implantation d’innovations dépend, d’un point de vue objectif, des caractéristiques et des limites du programme de formation (ses objectifs, son contenu, ses méthodes). D’un point de vue subjectif, elle dépend de la manière dont les bénéficiaires du changement perçoivent ce qu’on leur propose, qui constitue toujours un certain bouleversement dans leur mentalité, dans leur pratique professionnelle et jusque dans leur vie familiale. Il faut que les bienfaits, reconnus par beaucoup de formateurs, l’emportent sur la résistance provoquée par l’appréhension des bouleversements. La troisième phase, celle de l’institutionnalisation, permet d’apprécier les résultats de la mise en œuvre à deux niveaux. Au plan individuel, les formateurs sont heureux d’avoir en main de nouveaux outils pédagogiques, de nouvelles méthodes apprises, au cours des séances de travail avec les enseignants de la Faculté. Ces séances dégagent aussi un profit collectif : plusieurs formateurs ont appris à travailler ensemble et à mettre en commun leurs ressources, ce qui leur permet de se sentir moins isolés. Cette phase met aussi en lumière les obstacles rencontrés : ils proviennent la plupart du temps de causses extérieures (par exemple la situation économique peu reluisante, ou les changements d’administrateurs et de collaborateurs pédagogiques) qui paralysent les meilleures bonnes volontés par leur incidence sur la vie professionnelle et sur la vie familiale. Les conclusions générales auxquelles nous sommes arrivés portent sur le processus d’implantation étudié, qui concerne en fait un programme d’apprentissage en formation d’adultes. La réussite du processus d’implantation d’un tel programme dépend de l’interaction des apprentissages individuels, ceux des formateurs, et collectifs, ceux des administrateurs et des collaborateurs pédagogiques. Cette réussite ne peut être imposée d’en haut, par la hiérarchie administrative, sans l’adhésion de la base, les individus bénéficiaires, ni réalisée par la base de l’appui et la collaboration de tous les paliers de la hiérarchie universitaire. Cette interaction entre les différents niveaux concernés par le processus d’implantation d’un nouveau programme de formation, même si elle comporte des pas en avant, des résistances et des retards, des accords et des conflits, acquiert tout son sens par le bénéfice qu’en retirent non seulement les formateurs mais toute l’institution et même la société.

Type de document: Thèse (Thèse)
Directeur de mémoire/thèse: Inostroza, Julio César et Savoie-Zajc, Lorraine
Informations complémentaires: Bibliothèque A.-Taché LB1738 V25 1997. Comprend des réf. bibliogr. : p. 285-298. Cette thèse a été réalisée à l'Université du Québec à Montréal, en association avec l'Université du Québec à Hull
Mots-clés libres: Formation des formateurs; Programmes de formation; Implantation; Formation des enseignants; Innovation en éducation; Organisation du changement; Rôle de l’université; Éducation des adultes; Enseignement universitaire; Andragogie; Uruguay; Amérique latine; Éducation; Étude de cas
Départements et école, unités de recherche et services: Sciences de l’éducation
Date de dépôt: 17 déc. 2012 14:20
Dernière modification: 23 oct. 2015 13:17
URI: http://di.uqo.ca/id/eprint/88

Actions (Identification requise)

Dernière vérification avant le dépôt Dernière vérification avant le dépôt