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La diffusion d'oeuvres performatives muséalisées : une typologie des procédés établie à partir de cas du Museum of Modern Art de New York et de la Tate Modern de Londres

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Quirion, Jean-Michel (2019). La diffusion d'oeuvres performatives muséalisées : une typologie des procédés établie à partir de cas du Museum of Modern Art de New York et de la Tate Modern de Londres. Mémoire. Gatineau, Université du Québec en Outaouais, École multidisciplinaire de l'image, 149 p.

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Résumé

Depuis les années 1960 approximativement, le musée d’art moderne ou contemporain présente de la performance ; cette discipline contemporaine, à priori furtive et subversive, possède une durée de réalisation limitée et pour laquelle son exécution a une valeur artistique inhérente. Ne se limitant pas à créer des « objets matériels » de nature esthétique et classique, les artistes de la performance proposent des « non-objets immatériels ». Par des séries d’actions et d’inactions, ceux-ci entretiennent une relation singulière avec le public dans des contextes spécifiques. Jusqu’à récemment, la performance ne se destinait pas au musée ni au marché de l’art, soulevant ainsi diverses perturbations et préoccupations institutionnelles, en plus de susciter de vifs débats esthétiques, méthodologiques, pratiques et théoriques auprès des autres acteurs du milieu de l’art. En effet, la performance n’est pas imaginée en prévision d’être collectionnée et réclame la reconnaissance d’un « art comme idée » et d’un « art comme action », à l’encontre de l’institutionnalisation et de la marchandisation de l’objet d’art. Corollairement, à ses débuts, vers la moitié du 20e siècle, la performance expose directement et radicalement le musée face à ses propres contradictions visant la délimitation, la catégorisation, la glorification et la légitimation de l’objet par son intégration dans les collections. Le processus scientifique, technique et méthodologique de la muséalisation, ayant comme fonctions principales la sélection, la thésaurisation et la présentation, semble dès lors (re)mis en cause par la performance. Au fil des ans, la critique du musée générée par la performance en est venue infléchir les vocations et opérations muséales ; jusqu’à un renversement idéologique de la part des artistes de la performance et du musée. Nonobstant, la pratique s’avère officiellement reconnue comme un genre artistique par le musée et ses professionnels dès la fin des années 1960, période à laquelle les artistes se mettent à réfléchir leurs interventions pour le musée, les ajustent à son cadre situationnel tout en considérant son contexte institutionnel. Entre 1970 et 1990, bien que le musée d’art diffuse de la performance, il n’effectue que partiellement la muséalisation de celle-ci en acquérant de la documentation matérielle, principalement visuelle, qui en témoigne. La performance, en tant que telle, n’est toutefois muséalisée qu’à partir les années 2000.
Si la muséalisation regroupe l’ensemble des activités de sélection, de thésaurisation et de présentation qui octroie à un objet un statut muséal, l’acquisition d’œuvres performatives connaît nécessairement une pérennité à risque. La muséalisation demeure parfois conjecturale puisque certains types de performance repoussent toujours davantage les limites du collectionnable. Comment des propositions artistiques qui n’ont pas de matérialité permanente intègrent-elles les collections muséales ? Par quels procédés, les artistes et professionnels de musée assurent-ils et opèrent-ils la diffusion et la réitération de ces performances muséalisées ? Quels types de performance s’insèrent parmi les collections muséales ?
D’après ces considérations et questions, ce mémoire propose deux études de cas : le Museum of Modern Art (MoMA) de New York et la Tate Modern de Londres, selon les acquisitions de performances qui se trouvent dans leurs collections respectives. Ce mémoire se consacre à l’étude de l’évolution et de l’adaptation de la performance à travers la deuxième moitié du 20e siècle ainsi que de leur muséalisation tout juste à l’aube du 21e siècle, et, de ce fait, à la modification des activités muséales. Il concerne, plus précisément, les méthodes de présentation de performances collectionnées par le MoMA et la Tate Modern. C’est nommément l’usage de la reconstitution — reenactment — et de la délégation — delegated performance —, ces deux récents moyens de diffusion qui, tant développés par le musée que par les artistes, engendre de considérables transformations idéologiques et, de surcroît, méthodologiques. Les modalités dégagées des différents cas étudiés permettent d’établir une typologie de cinq principaux procédés de diffusion d’œuvres performatives muséalisées. Malgré les dissonances passées entre la performance et le musée, un changement de paradigme dans les politiques muséales et à travers la pratique de la performance est observable dès les années 2000 notamment.
Ce faisant, le mémoire s’intéresse de près aux modulations méthodologiques que prennent simultanément le musée comme les artistes relativement à la muséalisation de la performance dans l’objectif de la (re)diffusion de celle-ci.

Type de document: Thèse (Mémoire)
Directeur de mémoire/thèse: Boucher, Mélanie
Mots-clés libres: Typologie; Performance; Oeuvre performative; Reenactment; Délégation; Collection; Muséalisation; Acquisition; Thésaurisation; Présentation; Diffusion; Institution; Musée; Museum of Modern Art (MoMA); Tate Modern; Yvonne Rainer; Simone Forti; Tania Bruguera; Tino Sehgal; Roman Ondák
Départements et école, unités de recherche et services: École multidisciplinaire de l’image
Date de dépôt: 29 avr. 2021 19:52
Dernière modification: 29 avr. 2021 19:52
URI: http://di.uqo.ca/id/eprint/1238

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