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L'inclusion sociale par l'emploi des personnes qui vivent avec un problème de santé mentale sévère et persistant

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Richer, Emmanuelle (2022). L'inclusion sociale par l'emploi des personnes qui vivent avec un problème de santé mentale sévère et persistant. Mémoire. Gatineau, Université du Québec en Outaouais, Département de travail social, 173 p.

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Résumé

Chez la population générale, l’emploi n’est pas utilisé que pour répondre à un besoin économique. Il vient également offrir à son détenteur un lieu de sociabilité ainsi qu'un lieu de réalisation personnel. En effet, l’emploi est aujourd’hui considéré comme le point d’ancrage de l’identité d’une personne. Même que, pour certains auteurs, l’identité d’une personne se forgerait à travers une profession et que l’identité personnelle se développerait à travers cette dernière (Dunn, Wewiorski, & Rogers, 2008; Lin, Kirsh, Polatajko, & Seto, 2009). Il en est de même chez les personnes qui vivent avec un problème de santé mentale sévère et persistant (PSMSP). L’emploi serait pour ces personnes un élément crucial pour leur inclusion en société, tout en leur offrant des bienfaits thérapeutiques (Laflamme & Bégin-Robitaille, 2013). Pour d’autres auteurs, les finances seraient un élément qui dissuaderait les personnes qui vivent avec un PSMSP d’occuper un emploi afin d’éviter le risque de se retrouver dans une situation économique difficile en cas de rechute ou de congédiement (Corbière, Lesage, Villeneuve, & Mercier, 2006). Ainsi, plusieurs études ont porté sur diverses facettes de l’inclusion sociale par l’emploi chez les personnes qui vivent avec un PSMSP, mais beaucoup moins sur l’inclusion sociale par l’emploi du point de vue des personnes concernées.
Dans le cadre de cette étude, nous nous sommes intéressés à l’inclusion sociale par l’emploi chez les personnes qui vivent avec un PSMSP. C’est sous l’approche par les capabilités que nous soutiendrons l’analyse de nos résultats de recherche. Plus précisément, nous tenterons d’apporter des pistes de réflexion et de réponse autour de ces deux questions : comment l’accès à l’emploi peut améliorer l’inclusion sociale des personnes qui vivent avec un PSMSP au Québec? Cela nous amène à nous poser cette sous-question : comment et à quelles conditions l’accès à l’emploi peut renforcer les capabilités des personnes qui vivent avec un PSMSP? Nous avons procédé à 10 entrevues semi-dirigées avec des personnes qui fréquentes l’organisme communautaire le Boulev’art de la Vallée dans la région de Buckingham à Gatineau.
Nous nous sommes intéressés aux organismes communautaires en santé mentale disponibles pour les personnes qui vivent avec un PSMSP, car ils auraient un double effet sur l’inclusion sociale. D’une part, ils seraient bâtis sur des interventions de réadaptation où le but est de permettre le développement des habiletés nécessaires à l’inclusion sociale chez la personne. D’une autre part, ces mêmes interventions auraient une influence sur la communauté en général, en réduisant la discrimination et les obstacles à l’inclusion sociale (Rodriguez del Barrio & Poirel, 2011). Plus spécifiquement, l’organisme communautaire le Boulev’art de la Vallée a été retenu du fait qu’il répondait particulièrement à ces critères.
Les résultats de la présente étude indiquent que l’emploi est devenu avec le temps moins important pour favoriser le sentiment d’inclusion sociale. En effet, d’autres aspects du quotidien viendraient davantage renforcer ce sentiment. La vie sociale qu’ont les participants joue un rôle majeur, non seulement pour leur sentiment d’inclusion sociale, mais également pour leur santé mentale, et ce, de façon plus importante que l’emploi. Toutefois, nos résultats indiquent que l’aspect monétaire et les lacunes des structures sociales freineraient les possibilités d’épanouissement social. Il en est de même pour le soutien social, mais nos résultats démontrent que la stigmatisation et la discrimination viennent nuire à ce facteur de protection. Les participants ont malgré tout choisi un milieu de vie favorable au sentiment d’inclusion sociale. En effet, la proximité et l’accessibilité des services contribuent à la qualité de vie des participants de notre recherche. En guise de conclusion, quelques pistes d’amélioration de la pratique et de recherches futures seront présentées.
L’emploi semble être un concept paradoxal dans le domaine de la santé mentale. En effet, l’emploi nous apparaît être à la fois un facteur de soutien important ainsi qu’un facteur de risque à la rechute. Nos résultats démontrent que l’emploi vient combler un besoin d’inclusion, toutefois la participation sociale et l’accomplissement d’activités sociales permettent un plus grand sentiment d’inclusion sociale chez nos participants. Utiliser l’inclusion sociale seulement comme tremplin pour atteindre un emploi régulier pourrait nuire aux possibilités qu’auraient certaines personnes d’améliorer leur vie. L’emploi ne serait donc pas la panacée de l’inclusion (Parr, 2008 dans Elstad et Eide, 2017).Cependant, l’emploi est majoritairement construit en fonction de paramètres établis par des individus sans problème de santé mentale sévère et persistant.

Type de document: Thèse (Mémoire)
Directeur de mémoire/thèse: Aubry, François
Départements et école, unités de recherche et services: Travail social
Date de dépôt: 31 août 2022 13:38
Dernière modification: 31 août 2022 13:38
URI: https://di.uqo.ca/id/eprint/1421

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