Brunier, Lisa-Sarah (2026). Les expériences adverses à l’enfance et la théorie de l’esprit chez les personnes ayant un diagnostic de schizophrénie et les personnes ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie. Essai de troisième cycle. Gatineau, Université du Québec en Outaouais, Département de psychoéducation et de psychologie, 45 p.
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Résumé
Les personnes atteintes de schizophrénie présentent fréquemment des difficultés sur le plan de la théorie de l’esprit, soit la capacité à comprendre les pensées et les émotions d’autrui, lesquelles peuvent avoir des répercussions importantes sur leur fonctionnement social. Il demeure toutefois incertain si ces difficultés s’étendent aux apparentés du premier degré de personnes atteintes de la schizophrénie. Par ailleurs, les résultats contradictoires observés dans la littérature pourraient s’expliquer par l’influence de facteurs environnementaux, notamment les expériences adverses durant l’enfance, susceptibles d’affecter à la fois la cognition sociale et la vulnérabilité à la psychose. La présente étude vise à examiner la relation entre les expériences adverses durant l’enfance et les performances en théorie de l’esprit chez des personnes atteintes de schizophrénie, des personnes ayant un apparenté au premier degré atteint de schizophrénie et des personnes sans antécédents personnels ou familiaux de psychose. Un total de 115 participants ont complété l’étude, dont 108 ont été inclus dans les analyses (21 ayant la schizophrénie, 35 ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie, 52 sans antécédents personnels ou familiaux de psychose). La théorie de l’esprit a été évaluée à l’aide d’un score composite combinant les performances à deux tâches validées : la tâche de fausse croyance (False-Belief Task) et la tâche d’inférence indirecte (Hinting Task). Les expériences adverses durant l’enfance ont été mesurées de façon rétrospective avec le questionnaire Maltreatment and Abuse Chronology of Exposure. Les résultats indiquent un effet significatif du groupe sur le score composite de théorie de l’esprit (p < .001). Les participants ayant la schizophrénie présentent des performances significativement inférieures à celles des participants sans antécédents personnels ou familiaux de psychose (p < .001). Les participants ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie présentent des performances intermédiaires, se distinguant du groupe de participants ayant la schizophrénie (p < .001), mais non des participants sans antécédents personnels ou familiaux de psychose (p = .073). Les expériences adverses durant l’enfance sont également significativement plus élevées dans le groupe de participants ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie que chez les participants sans antécédents personnels ou familiaux de psychose (p < .001). Toutefois, aucune différence significative n’est observée entre les participants ayant la schizophrénie et les deux autres groupes (apparentés au premier degré : p = .097 ; sans antécédents personnels ou familiaux de psychose : p = .106). Chez les participants sans antécédents personnels ou familiaux de psychose, une plus grande exposition aux expériences adverses durant l’enfance est significativement associée à des performances plus basses dans les tâches de théorie de l’esprit (r = −.36, p = .031), alors qu’aucune association significative n’est observée dans les groupes de participants ayant la schizophrénie (r = .21, p = .395) ou ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie (r = −.18, p = .360). Cette étude est l’une des premières à examiner conjointement les expériences adverses durant l’enfance et la théorie de l’esprit chez des individus atteints de schizophrénie et des personnes ayant un parent ou un membre de la fratrie atteint de la schizophrénie. Les résultats mettent en lumière que les difficultés de théorie de l’esprit constituent une caractéristique importante de la schizophrénie et suggèrent qu’elles sont moins marquées chez les individus ayant un apparenté au premier degré atteint de schizophrénie. Les expériences adverses durant l’enfance semblent avoir un effet négatif sur la théorie de l’esprit chez les individus sans antécédents personnels ou familiaux de psychose, tandis que, dans la schizophrénie et chez les personnes ayant un apparenté au premier degré, des vulnérabilités neurodéveloppementales ou des mécanismes compensatoires pourraient atténuer ou masquer ces effets.
| Type de document: | Thèse, mémoire ou essai de 2e et 3e cycle (Essai de troisième cycle) |
|---|---|
| Directeur de mémoire/thèse: | Guimond, Synthia |
| Mots-clés libres: | Schizophrénie; Théorie de l’esprit; Expériences adverses durant l’enfance; Cognition sociale |
| Départements et école, unités de recherche et services: | Psychologie |
| Date de dépôt: | 22 oct. 2026 18:43 |
| Dernière modification: | 22 oct. 2026 18:43 |
| URI: | https://di.uqo.ca/id/eprint/2026 |
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