La répercussion de la politique d’aide internationale féministe du canada dans la coopération volontaire internationale

Téléchargements

Téléchargements par mois depuis la dernière année

Barebereho, Josiane (2026). La répercussion de la politique d’aide internationale féministe du canada dans la coopération volontaire internationale. Mémoire. Gatineau, Université du Québec en Outaouais, Département des sciences sociales, 156 p.

[thumbnail of Barebereho_Josiane_Memoire_2026_1A.pdf]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (2MB) | Prévisualisation

Résumé

Ce travail de recherche s’intéresse à comprendre si le Programme de coopération volontaire (PCV) contribue d’une certaine façon à la mise en oeuvre de la Politique d’aide internationale féministe (PAIF) du Canada dans les pays en développement. L’analyse porte plus particulièrement sur l’axe central de cette politique, à savoir la promotion de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Adoptée en 2017, la PAIF place ces enjeux au coeur des priorités canadiennes en matière de développement international. Elle constitue une innovation majeure dans le paysage de l’aide internationale, en affirmant une volonté politique de transformer les pratiques de coopération par l’intégration systématique d’une perspective féministe et inclusive. Cette orientation marque une rupture avec les approches plus traditionnelles, en insistant sur la nécessité de repenser les rapports de pouvoir et les structures sociales qui limitent la participation des femmes.
Afin d’éclairer les dynamiques liées à l’égalité des genres dans le développement, nous avons mobilisé l’approche de l’insertion des femmes dans le développement, ou « Women in Development (WID) ». Cette perspective permet d’articuler les enjeux de justice sociale aux objectifs économiques, en reconnaissant les femmes comme actrices productives à part entière plutôt que comme bénéficiaires passives des politiques publiques. Elle offre un cadre analytique pertinent pour examiner la manière dont les programmes de développement intègrent les femmes et conçoivent leur participation. Elle fournit un socle théorique cohérent pour articuler les cinq concepts que nous avons mobilisés : la motivation au travail, le renforcement des capacités, l’égalité des genres, l’agentivité des femmes et leur autonomisation. Ensemble, ces notions permettent d’appréhender la complexité des processus de transformation sociale et de situer les interventions du PCV dans une perspective plus large de changement structurel.
Cette recherche repose sur une méthodologie combinant l’analyse documentaire et des entrevues semi dirigées. Onze coopérants volontaires, recrutés par cinq organisations canadiennes engagées dans le PCV, ont partagé leurs expériences de mission dans les pays en développement. Les résultats montrent que la PAIF agit comme un levier de transformation en favorisant l’intégration des perspectives de genre dans les projets de coopération, en encourageant une participation accrue des femmes aux initiatives de développement et en renforçant leur rôle dans la gouvernance locale. Toutefois, l’impact de cette politique demeure variable. Dans certains contextes, elle ouvre de nouvelles opportunités pour l’autonomie et la participation des femmes; dans d’autres, elle se heurte à des résistances culturelles, à des contraintes institutionnelles ou à des rapports de pouvoir profondément ancrés. Cette variabilité souligne l’importance de considérer les dynamiques locales et les structures sociales qui influencent la réception et l’efficacité des interventions.
Cette recherche met également en évidence des enjeux de cohérence et d’adaptation. Si la PAIF affiche des ambitions globales, son efficacité dépend largement de la capacité des organisations locales à s’approprier ses principes et à les traduire en actions concrètes. La réussite de cette politique repose ainsi sur une articulation fine entre les objectifs du gouvernement canadien et les réalités locales, afin d’éviter une approche trop normative ou perçue comme imposée de l’extérieur. L’appropriation locale apparaît dès lors comme une condition essentielle pour assurer la pertinence, la légitimité et la durabilité des initiatives.
En conclusion, cette recherche montre que la PAIF représente une avancée significative dans la promotion de l’égalité des genres à l’échelle mondiale. Toutefois, pour produire des résultats durables et équitables, elle doit s’accompagner d’un travail de contextualisation, d’un dialogue constant avec les communautés partenaires et d’un renforcement des capacités locales. L’intégration d’une perspective féministe dans l’aide internationale ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans une démarche de co construction, attentive aux réalités sociales et aux dynamiques de pouvoir qui façonnent les expériences des femmes dans les pays en développement.
Cette recherche a été amorcée sous le gouvernement libéral de Justin Trudeau, qui avait adopté et institutionnalisé la PAIF. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Mark Carney en mars 2025, une nouvelle orientation en matière d’aide internationale s’est imposée, ne plaçant pas la PAIF au coeur de la politique étrangère canadienne.

Type de document: Thèse, mémoire ou essai de 2e et 3e cycle (Mémoire)
Directeur de mémoire/thèse: della Faille De Leverghem, Dimitri
Mots-clés libres: Canada; Coopération volontaire internationale; Développement international; Égalité de genre; Politique d’aide internationale féministe; Renforcement des capacités
Départements et école, unités de recherche et services: Sciences sociales
Date de dépôt: 23 oct. 2026 14:58
Dernière modification: 23 oct. 2026 14:58
URI: https://di.uqo.ca/id/eprint/2032

Gestion Actions (Identification requise)

Éditer la notice Éditer la notice